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Diagnostic de la sarcopénie : nouveau schéma consensuel

En 2010, le groupe de travail européen sur la sarcopénie (ou dystrophie musculaire liée à l’âge) des populations âgées (European Working Group on Sarcopenia in Older People) a donné une première définition et un schéma de diagnostic de la sarcopénie. Depuis 2019, il propose une adaptation de ce schéma, basée sur les caractéristiques cliniques associées à la sarcopénie. C’est une méthode de diagnostic simple à utiliser par votre médecin traitant.

Adaptation de l'algorithme de diagnostic de la sarcopénie chez les personnes âgées, suggéré par le groupe de travail EWGSOP en 2019

Adaptation de l’algorithme de diagnostic de la sarcopénie chez les personnes âgées, suggéré par le groupe de travail EWGSOP en 20191 (Télécharger en pdf 255kB)

Ces spécialistes ont ainsi proposé un algorithme de diagnstic simple et rapide, utilisable en pratique clinique et en routine et qui demande peu de matériel. Le diagnostic de la sarcopénie repose donc sur un arbre décisionnel en 4 étapes : 1.

ETAPE 1 : EXAMEN CLINIQUE OU SARC F :

La première étape de ce diagnostic consiste à identifier les patients pour lesquels une sarcopénie est suspectée, soit par un examen clinique, basée sur l’expérience clinique du médecin, soit par le questionnaire SARC-F (cliquer ici pour y accéder), un questionnaire en 5 questions. L’utilisation d’instruments de mesure n’étant pas toujours possible, surtout en cabinet de ville, le questionnaire SARC-F a été mis en place pour permettre un diagnostic rapide et facile de la sarcopénie. Un score supérieur ou égal à 4 doit faire supposer la présence d’une sarcopénie (ou dystrophie musculaire liée à l’âge) et doit donc entraîner un diagnostic plus approfondi. A contrario, si le score est inférieur ou égal à 3, le patient est diagnostiqué « non sarcopénique » mais des tests seront à refaire régulièrement.

ETAPE 2 : EVALUATION DE LA FORCE MUSCULAIRE :

Il s’agit d’une évaluation de la force musculaire faite par le biais de plusieurs indicateurs : soit la mesure de la force de préhension à l’aide d’un dynamomètre (mesure reproductible et fiable (cliquer ici pour y accéder)), soit un test de levée de chaise (se lever 5 fois de sa chaise en un temps chronométré). La force musculaire est faible lorsque la force de préhension est inférieure à 27 kg chez l’homme ou à 16 kg chez la femme ou bien lorsque 5 levés de chaise sont effectués en plus de 15 secondes.

A l’issue de cette évaluation, 2 solutions sont possibles : si la force musculaire est diagnostiquée comme faible alors l’individu est un « sarcopénique probable », et cela suffit pour mettre en place un traitement et pour chercher les causes de cette sarcopénie. En cas de force musculaire normale, l’individu n’est pas sarcopénique mais devra être régulièrement contrôlé.

ETAPE 3 : CONFIRMATION DU DIAGNOSTIC :

Chez les patients probablement sarcopéniques, l’évaluation de la qualité et de la quantité musculaire par des mesures de composition corporelle ou des techniques d’imageries médicales permettront de confirmer la présence de la sarcopénie.
La composition corporelle peut être évaluée par absorptiométrie biphotonique (DEXA) ou par impédancemétrie. Il s’agit de mesurer la masse squelettique appendiculaire (MSA), c’est à dire la masse musculaire des membres supérieurs et inférieurs, ou l’indice de MSA (IMSA = MSA/taille2). La sarcopénie est confirmée lorsque la MSA est inférieure à 20 kg chez l’homme et 15 kg chez la femme ou lorsque l’IMSA est inférieur à 7 kg/m2 chez l’homme et 5,5 kg/m2 chez la femme. Si la sarcopénie n’est pas confirmée, les causes de sa force musculaire altérée seront étudiées et le patient sera suivi.

ETAPE 4 : GRAVITE DE LA SARCOPENIE :

Chez les patients pour lesquels une sarcopénie est confirmée, cette quatrième étape permet d’évaluer la gravité de la sarcopénie par des tests de fonctionnalité musculaire :

  • La vitesse de marche : il faut délimiter un parcours de 4 mètres (dans un couloir par exemple), marcher normalement du point de départ à l’arrivée du parcours délimité et se chronométrer2. Après avoir parcourus ces 4 mètres, il vous reste à calculer la vitesse de marche en m/s :  

    Distance (4 mètres) / le temps de parcours (secondes).

  • Le test du SPPB (cliquer ici pour tout savoir sur le SPPB) : s’il est inférieur ou égal à 8, il indique la présence d’une sarcopénie sévère.
  • Le test du get up and go (cliquer ici pour tout savoir sur le get up and go) : s’il est effectué en plus de 30 secondes, il indique la présence d’une sarcopénie sévère.

1. Cruz-Jentoft AJ, Bahat G, Bauer J, et al. Sarcopenia: revised European consensus on definition and diagnosis. Age Ageing. 2019;48:16-31.

2. Lauretani F, CR Russo, S Bandinelli, et al : Age-associated changes in skeletal muscles and their effect on mobility: an operational diagnosis of sarcopenia. . 1851-60, s.l. : J Appl Physiol, 2003, Vol. 95(5).